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Les Carnets de Marius GUILLEREZ
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25 JUILLET 1918

Toujours des attaques et des contre-attaques dans le secteur, mais les boches n'avancent pas.

26 JUILLET 1918

Nous rentrons dans nos anciens bureaux au village et nous sommes satisfaits car

cette existence continuelle dans la sape me rendait malade.

27-28 JUILLET 1918

Rien de particulier

29 JUILLET 1918

Les boches bombardent les environs. Rien sur Livry.

Le soir une nuée d'avions boches circulent et des combats aériens ont lieu

A 9h 1/2 une bombe est lancée à la sortie du village

30 JUILLET 1918

toujours les avions et aussi les bombardements à proximité.

31 JUILLET 1918

les boches bombardent tous les soirs Louvercy et le croisement de la route Livry-Mourmelon-Louvercy ( à 800m de notre bureau)

AOUT

1-vu un combat aérien d'avions boches et français sans résultat apparent.

2 au 17-toujours la même chose.

Des bombardements par obus percutants et fusants sont fait tous les soirs au-dessus et aux environs de Livry-Louvercy.

Les avions boches tous les soirs lancent des bombes par-ci par là,

Un nouveau système imaginé par les boches pour voir la nuit en avions: lancement de fusées et éclairage permettant de lancer des bombes sur les villages et les convois.

22-parti en permission

SEPTEMBRE

4-rentré de permission.

11-je pense à Gaston (son fils NDLR) qui part aujourd'hui pour 4 ans au 8 ième Génie à Angoulême, et suis chagriné de ce départ.

15-reçu une carte de Gaston me disant qu'il était de passage à St Sulpice.

J'attends impatiemment une lettre de lui me disant qu'il est arrivé à bon port à angoulême.

16-reçu une lettre d'amélie (sa femme ndlr) me disant que le départ de Gaston la rend bien malheureuse

et qu'il lui semble qu'un grand malheur nous guette

cette lettre m'effraie et quoique je suppose que cest la douleur qui lui donne des idées noires

je crains que ce ne soit un pressentiment.

17-je pense à Gaston et suis impatient de recevoir une lettre de lui

car depuis que j'ai reçu la lettre de sa mère me faisant part de ces idées noires, je suis inquiet.

18-reçu une lettre de Gaston me disant qu'il est bien arivé

mais le brave petit ne se plait pas à la caserne et cela m'ennuie mais j'espère qu'il s'y habituera.

19-20-les boches..........toujours de temps à autre à envoyer des marmites aux environs.

21-les boches envoient 12 marmites sur le village de Livry où je suis.

22-24 Rien d'extraordinnaire

25-on nous annonce qu'une grande offensive de la mer du nord à l'Alsace commencera dans la nuit du 25 au 26.

Si seulement elle réussissait et que cela amène la fin de la guerre au plus tôt.

26-effectivement l'offensive commence sur tout le front de la mer du nord à Pont-à-Mousson.

27-et jours suivants

l'offensive donne de bons résultats et

les boches reculent sur toute la ligne à des profondeurs allant jusqu'à 15 kilom.

OCTOBRE

L'offensive construite va nous être favorable et j'ai bon espoir que d'ici la fin de l'année il n'y ait plus de boches en France.

8-

les boches ayant reculé de plusieurs kilomètres dans notre secteur nous quittons Livry pour aller nous installer à côté de Nauroy dans des tentes car le pays n'existe plus.Ce ne sont que des décombres.

Il fait froid et nous ne sommes pas à notre aise sous ces tentes.

Le soir je me couche dans une sape abandonnée par les boches.
Cette sape a été préalablement visitée par les sapeurs car il faut bien se méfier,
la plupart des abris sont minés et sautent à chaque instant.

Il y a 45 marchent d'escalier à descendre pour arriver à mon gourbi.

9-j'ai bien dormi car j'étais fatigué, malgré mon couchage passablement dur et qui consistait en un treillage de fils de fer en guise de sommier et mes couvertures.

10-les boches vont certainement encore reculer ici devant nous car ils incendient les villages de Pont-Faberger et autres.Signe de départ.On voit de grosses colonnes de fumée partout.

11-Effectivement les boches se sont retirés devant nous j'usqu'au nord de l'Aisne et nous nous préparons à partir après-demain.

12-nous faisons nos préparatifs de départ.

13-à 8h je pars en auto avec le commandant et nous allons nous installer à Aussonce ( Ardennes).

Le quartier général vient nous retrouver.Nous logeons dans une maison dynamitée par les boches avant notre arrivée et il ne reste que deux pièces disponibles et à peu près habitables. Nous les prenons.

Le pays est tout à fait détruit par les obus et la dynamite.

14- 8 h Nous allons quitter Aussonce demain ou après-demain pour une destination inconnue.

15-30 Nous restons à Aussonce où la vie se déroule paisiblement, les allemands étants à 20 kilomètres de nous.

31-nous quittons Aussonce pour aller à Neuflize

nous nous installons dans la base du château qui a été démoli à la dynamite par les boches il y a quelques jours.

A midi les boches commencent à nous marmiter sans arrêt et ne cessent qu'à 6h du soir.Les éclats tombent sur la toiture de notre bureau mais personne n'est blessé.

NOVEMBRE

1-les boches ne nous bombardent plus.

3-Nous apprenons avec une grande satisfaction qu'après la capitulation de la Bulgarie et de la Turquie,
l'Autriche vient de demander l'armistice qui est signée aujourd'hui même.

La fin de la guerre approche enfin.

4-on s'installe à Neuflize et tout est calme depuis le soir du 31-

5-Calme

6-Calme

7-on se prépare à partir à Rethel

8-le matin à 8h nous partons à Rethel où nous restons 6 heures.

Nous partons à Nouvion Porcien.Les routes sont minées et sautent par endroits à chaque instant ce qui arrête nos convois.

Je continue mon trajet à pieds et en passant auprès d'un dépôt de munitions nous remarquons deux entonnoirs causés par des explosions récentes.

Auprès de ces entonnoires se trouvent 5 hommes tués le matin et quelques bourriquots déchiquetés par les explosions.

J'arrive à Novion où des maisons sont en feu.
Les explosions continuent.Ce sont les dépôts de munitions situés aux portes du pays qui explosent les uns après les autres.

Toute la nuit nous sommes secoués par ces explosions.Quel pays infernal.

9-Nous quittons sans regret Novion Porcien à 8h du matin pour nous rendre à Launois ( Ardennes ) où nous arrivons vers midi en auto.

Les jours suivants se passent tranquillement.

11-nous apprenons avec une grande joie que l'armistice est signé.L'Allemagne capitule

La fin de nos misères approche.

19-Nous restons à Lannois jusqu'au 19 et nous nous rendons à Mézières où nous nous installons.

Le pays est bien abimé

Les boches l'ont bombardé du 10 au 11 novembre.

21-je vais visiter Charleville et le château de Bel-Air où le Kaiser et le Konprinz résidaient pendant la guerre.

22 et jours suivants.

Se passent tranquillement à Mézières.

DECEMBRE

22-Le maréchal Pétain vient à l' Etat-Major où il reste 1 heure.Je constate qu'il a belle allure et est encore vert.

23 et jours suivants:

Rien de particulier

26-Le président de la République vient à Mézières et déjeune avec mon général.

Quelques cris de "Vive Poincaré" sont poussés par les civils.

J'ai l'occasion de le voir de très près et de constater son air digne et très posé.

27 et jours suivants- Rien de particulier.nous sommes toujours à Mézières.

1er Janvier 1919 :Visite au Chef d'Etat-Major

préparatifs pour le départ

Libération le 2 au matin.


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